Prothésiste dentaire : une profession méconnue

 

 


09 Nov 2020

News 487 "Tableau d'Honneur Ă  Raymond Leibowitch"

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Tableau d'Honneur Ă  Raymond Leibowitch

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RAYMOND LEIBOWITCH.(1913-1979)

"Un Pionnier de la prothèse moderne en France"

Docteur en MĂ©decine. Montpellier 1940

Stomatologiste. Paris 1945

MĂ©canicien dentiste. Paris 1949

« Dans l’esprit du public remplacer une ou deux dents est une opération qui s’apparente au changement d’une roue de voiture. La réalité est bien différente : Réussir un bridge ou une couronne est un art véritable »

  Au début des années 60, Raymond Leibowitch prend conscience du fossé qui existe entre la dentisterie française et celle des Etats Unis.

Les matériaux, les technologies et la philosophie dentaire sont à des années-lumière de ce qui s’enseigne et se conçoit outre atlantique.

Il s’abonne à des revues de « là-bas » ,apprend l’anglais en lisant avec passion des articles parlant de matériaux et de techniques d’empreinte. En France on fabrique des couronnes « bague », on prend des empreintes à la pâte de Kerr et au «Stents»… Aux USA, on utilise des méthodes indirectes avec des  thiocols, hydrocolloides ou silicones…

Il découvre l’occlusion et la gnathologie, les articulateurs tout ou partie adaptables, et cerise sur le gâteau: la céramo-métallique.

Jusqu’àlors , la céramique dentaire était  utilisée pour les dents préfabriquées et la fabrication dans les secteurs antérieurs   des « couronnes jackets » sur platine.

Les americains proposent un nouveau procédé: La céramo-métallique utilisable non seulement pour les incisives mais également dans les secteurs postérieurs   car cette  technique conjugue solidité et esthétique .

C’est la révolution ! Succès mondial immédiat. Leibowitch fait entrer cette modernité dans la dentisterie française.

Nouveau procédé encore imparfait. Tout est à définir : conceptions des maquettes, manipulation des pâtes pour obtenir les teintes, contrôle   des liaisons et des cuissons sur le métal.

En 1966, il crée avec quelques prothésistes «Le Club Français de Céramique Dentaire(CFCD) »,  association de céramistes passionnés qui mettent en commun expériences, échecs,trouvailles ….La céramo-métallique trouve très vite sa place propulsée par des industriels tels que VITA et CERAMCO…

R. Leibowitch  y contribue largement en sillonnant la France pour prêcher la bonne parole prothétique.

Orateur hors pair, il passionne ses auditeurs.Il les amuse aussi par ses « coups de gueules » restés célèbres pour les plus anciens d’entre nous..

Mai 1968, révolution sociale cette fois, qui va voir la création de la Faculté de Chirurgie dentaire de Montrouge. Il sera un enseignant très écouté et un maitre de thèse prolifique pour de nombreux futurs praticiens. Il devient le chef de file de toute une génération d’assistants et de maitres de conférences.

Outre ses activités de praticien et de formateur, il adorait toutes les formes de spectacle, de la musique au cinéma en passant par le sport..

Dans les années 50 il fut contre -ténor dans le célèbre groupe des « 4 barbus » puis dans la « Chorale des amis de la nature » reprenant « Quand un soldat » de Francis Lemarque   dont il avait épousé la sœur « Mauricette »    en secondes noces.

Très musicien, il n’était pas rare qu’entre deux patients, il joue de la

flûte traversière devant son four à céramique entre deux cuissons !

Le cinéma, également, par sa sœur Marguerite, plus connue sous le nom de Margot Capelier la plus grande directrice de casting du cinéma Français pendant des décennies

Le sport aussi, malgré sa taille modeste il adorait le volley-ball qu’il pratiquait  comme passeur tous les étés sur les plages du coté de Cabourg.

Raymond Leibowitch a été un ardent défenseur des prothésistes dentaires.

Il sera le premier praticien à demander à ses confrères de les citer dans les publications et conférences auxquelles ils participaient. C’était un homme engagé,un praticien passionné , un conférencier adulé , jamais avare de bons mots .Parmi ceux-ci , ceux qui l’ont connu ne pourront jamais oublier : les rapports parasexuels de mouche ! Les dents suffisamment solides pour manger du mammouth cru ou encore cette réflexion : Au prix que vous payez  les couronnes céramo-métalliques il faudrait q’elles s’auto-nettoyassent ….

Merci Raymond.

Jacques de Cooman  Prothésiste Dentaire, avec la collaboration de Michèle de Rouffignac Chirurgien-Dentiste

(Le dessin de Raymond Leibowitch a été réalisé par Antoine Vassalo, son élève).


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« Cher Jean-Jacques, j'ai effectivement bien connu "Lébo" et les amis, du premier cercle de ses fans. Lebo est devenu amical le jour où il a découvert au bas d'une lettre que je lui adressai la terminologie utilisée par un romancier(jjm: Raymond Levy, père de marc Levy) "Swartzenmurtz ou l'esprit de parti". La locution"Schwartzienrmurtien vôtre" l'avait convaincu que j'étais de son bord, maniant raillerie et approximations.   Depuis il me saluait quand nous nous rencontrions dans le hall de la fac, et ignorait superbement certains collègues qui m'accompagnaient. Il savait lire et maniait superbement l'ironie. Je me souviens d'un dialogue à l'ADF où devant une réflexion de Jean-Claude Harter, relative à son " mauvais caractère" il lui répondit vertement: " si j'ai mauvais caractère, c'est parce que je mesure 1 mètre 59". Il a formé un bon nombre d'excellents enseignants qui furent de mes amis ».

Michel Goldberg   Professeur émérite Faculté des Sciences Médicales et Biologiques ( juin 2020)

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La première fois que j’ai vu, entendu et été séduit par le Professeur Leibowitch, ce fut le 18 octobre 1973, à Versailles, lors d’un séminaire organisé par le C.O.S.Y. J’y avais retrouvé nombre d’amis, prothésistes dentaires et chirurgiens-dentistes. Ce fut une manifestation d’ampleur, prouvant que l’on pouvait attirer nos deux professions parrainées par un seul homme dont le nom faisait remplir les salles de conférences.

Environ 400 prothésistes dont 1/3 de salariés, près d’un millier de dentistes et stomatologistes et près de 500 demandes non satisfaites, furent les chiffres émis alors.

Chirurgiens-dentistes et Prothésistes dentaires travaillèrent en direct,   alternativement, dans un état d’esprit exceptionnel, sur 2 écrans et avec des moyens techniques importants pour l’époque.

Tout d’abord, le Dr Leibowitch  précisa l’objet de cette réunion et dénonça avec fermeté les pressions inadmissibles auxquelles le C.O.S.Y. avait été soumis pour que la réunion n’ait pas lieu dans «  cette forme d'étroite collaboration entre Prothésistes et Cliniciens ». Voilà l’homme qu’était « Leibo ".

Je ne peux citer les noms de tous les conférenciers dans leurs différentes interventions, parmi ceux-ci: Claude Pichard sur la qualité des empreintes, source de qualité ou d’échecs assurés, Paul Pretto et Claude Landez sur leurs procédés de dorure par electro-déposition  des céramiques sur nickel-chrome. » Leibo » montra tout son talent en expliquant l’intérêt à l’époque des soudures d’or à haute fusion permettant les interventions secondaires sur la céramique. Nous étions en 1973. Francisco Ganzo fit un exposé applaudi sur les maquillages en profondeur dans les céramiques.

Nous découvrîmes aussi à cette occasion le système Pindex récemment importé en France.

Parmi les prothésistes dentaires , il y eut la plupart des meilleurs de l’époque :Aizen, Dauriac, Lagnaux, Standardi,   Carmona,   De Cooman, Ollier, Montagnon, Pradoux… et parmi les Chirurgiens-Dentistes Robert Bugugnani, Si­mon Perelmuter, Christian Knellesen, Claude Valentin, Michel Degrange, Yves Samama, Monique Brion, Francine Liger, Jean- François Técucianu, Alain Fontenelle, Gil­bert Amzalag, Michèle de Rouffignac et bien d’autres encore...

Raymond Leibowitch fut un meneur de jeu exceptionnel, plein d’humour, souvent plein d’humilité, mais sans pitié pour ceux qui ne partageaient pas forcément ses points de vue. Il ne laissait donc personne indifférent.

Les Prothésistes Dentaires présents dans le cabinet dentaire de Raymond Leibowitch m’ont tous mentionné, la flûte traversière et le bilboquet, ses dadas, dont il n’hésitait pas à en jouer devant les patients, médusés et amusés.

Quelques années plus tard, toute la profession apprenait son décès avec consternation, et particulièrement la majorité des prothésistes dentaires.Dans son genre, Il n'eut évidemment pas de successeurs. Le grand amphithéâtre de la Faculté de Montrouge porte son nom.

   Jean-Jacques Miller Prothésiste Dentaire

« Mon père, Jean PRADOUX , prothésiste dentaire, a travaillé chez le Dr Leibowitch, dans les années 60/70. Ils ont soigné ensemble beaucoup de personnes plus ou moins connues … Brel, Bardot, Line Renaud et tant d’autres. Il était responsable du labo de prothèse du cabinet.
Mon père était un précurseur en céramique dentaire, un peu artiste, un peu professeur « trouvetou » de la prothèse, mais aussi, avec et grâce à « Leibo » un champion du bilboquet !!!! »

Pradoux Carole

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Robert Bugugnani fut l’organisateur d’une journée consacrée à "Raymond Leibowitch" au cinéma parisien « le Grand Rex » ,  à laquelle tous les membres de son équipe ont par­ticipé.  « Plus de 5 000 diapositives, 20 projecteurs, 3 années de préparation. 7 heures de programmes scientifiques de haut niveau.

Contact France Prothese Dentaire : contact@france-prothese-dentaire.fr

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